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"La forme vasculaire de la rosacée correspond à un ensemble de manifestations cliniques liées à une atteinte des vaisseaux du visage."
La forme vasculaire de la rosacée correspond à un ensemble de manifestations cliniques liées à une atteinte des vaisseaux du visage.
Elle peut se traduire par une rougeur diffuse sans vaisseaux individualisables, définissant l’érythrose, ou par la présence de télangiectasies visibles, de calibre variable, correspondant à la couperose. Ces formes peuvent s’accompagner de phénomènes vasomoteurs transitoires, décrits par les patients comme des flushs, indépendants de l’aspect clinique permanent.
La cible clinique du traitement est le vaisseau sanguin, tandis que la cible optique correspond à l’oxyhémoglobine qu’il contient. L’énergie lumineuse absorbée par l’oxyhémoglobine est transformée en chaleur, laquelle se propage secondairement par conduction à la paroi vasculaire. L’objectif est d’obtenir un échauffement contrôlé et suffisamment ciblé pour atteindre et altérer la paroi vasculaire, tout en évitant une diffusion thermique vers les tissus environnants.
Dans cette logique, la durée d’impulsion constitue le paramètre central, car elle conditionne l’équilibre entre efficacité et tolérance en fonction du calibre du vaisseau.
Pour les vaisseaux fins, des impulsions courtes, généralement comprises entre 0,45 et 3 ms, permettent d’obtenir une photothermolyse sélective. La montée rapide de la température intraluminale entraîne une coagulation sanguine puis une altération et une rupture pariétale. L’endpoint attendu est un purpura - un bleu-net, bien limité, sans opalescence. Cette réponse clinique en fait l’approche de référence dans le traitement de l’érythrose.
À l’inverse, pour les vaisseaux de plus grand calibre, des impulsions plus longues, de l’ordre de 10 à 30 ms, induisent un échauffement plus progressif et un transfert thermique lent vers la paroi vasculaire, favorisant une photocoagulation sélective. L’endpoint recherché est alors un vasospasme, se traduisant par une rétraction ou une atténuation du vaisseau, sans purpura. Cette réponse clinique correspond à l’approche privilégiée dans le traitement de la couperose.
Un temps d’impulsion inadapté peut conduire à une occlusion incomplète, rendant le traitement inefficace, ou exposer à des effets indésirables, tels que brûlures, œdème ou hyperpigmentation post-inflammatoire.
Les durées d’impulsion intermédiaires, autour de 6 ms, représentent une zone de transition dans laquelle, selon la fluence et le contexte clinique, le traitement peut s’orienter vers une photothermolyse ou une photocoagulation. Elles sont fréquemment utilisées pour le traitement des télangiectasies fines.
Les principales longueurs d’onde fréquemment utilisées en laser vasculaire sont 532 nm, 577 nm, 585–595 nm et 1064 nm.
La longueur d’onde conditionne principalement la profondeur de pénétration du faisceau, la sélectivité du laser pour l’oxyhémoglobine et la marge de sécurité vis-à-vis de la mélanine. En pratique, plus la longueur d’onde est élevée, plus la pénétration tissulaire est profonde et plus l’absorption par la mélanine est faible, ce qui améliore la sécurité chez les phototypes foncés.
Le 532 nm (KTP) est très efficace sur les vaisseaux fins et superficiels, mais son absorption importante par la mélanine expose à un risque accru d’effets indésirables chez les phototypes élevés.
Les longueurs d’onde jaunes, 577 nm ou 585–595 nm (PDL), constituent un compromis fréquemment utilisé pour le traitement de l’érythème et des télangiectasies superficielles.
Le 1064 nm (Nd:YAG) pénètre plus profondément et est peu absorbé par la mélanine, ce qui permet de traiter des vaisseaux plus épais et profonds ; en contrepartie, son efficacité et sa tolérance reposent fortement sur la précision des réglages et de la technique de tir.
Le diamètre du spot influence la profondeur de pénétration du faisceau. En pratique, à paramètres constants, un spot de plus grande taille permet une pénétration plus profonde, dans la limite d’un seuil au-delà duquel le bénéfice devient marginal.
La fluence, exprimée en J/cm², correspond à l’énergie délivrée, mais elle ne peut jamais être interprétée isolément.
Le résultat clinique dépend avant tout de l’association cohérente entre longueur d’onde, durée d’impulsion et diamètre du spot. La fluence doit ainsi être ajustée pour atteindre l’endpoint recherché, sans induire une diffusion thermique non spécifique vers les tissus environnants.
Le refroidissement doit être considéré comme un paramètre de sécurité à part entière. Il permet de protéger l’épiderme, d’améliorer la tolérance du traitement et de réduire l’inconfort du patient.
Qu’il soit réalisé par contact, par spray cryogène ou par air froid, l’élément déterminant réside dans la synchronisation avec le tir laser et la régularité du refroidissement tout au long de la séance.
Le sur-recouvrement des tirs (stacking) est à éviter, car il est fréquemment mal toléré. En revanche, plusieurs passages peuvent être envisagés, à condition de respecter un temps de latence entre chacun, certains endpoints pouvant apparaître de manière différée.
Le nombre de séances pour la prise en charge d’une rosacée vasculaire est en moyenne de trois, espacées de six à douze semaines. Une photoprotection stricte avant et après le traitement est indispensable afin de limiter le risque d’effets indésirables pigmentaires.
L’identification précise de la cible, en termes de calibre et de profondeur vasculaire, est un préalable indispensable au traitement.
Elle conditionne le choix du laser, défini par sa longueur d’onde, le mécanisme recherché — photothermolyse ou photocoagulation sélective — et, par conséquent, la durée d’impulsion appropriée, ainsi que les paramètres associés, notamment la fluence, la taille du spot et le mode de refroidissement.
Dans cette approche raisonnée, l’endpoint clinique constitue le véritable outil de pilotage du traitement.
Bonne séance !


Par le Dr Fanny POIROT


Par le Dr. Mélissa Badof


Par le Dr Jean-Jacques DEUTSCH


Par Jonathan POTIER


Par le Dr Alexandre KITIC & le Dr Sarra CRISTOFARI


Par le Dr Fanny POIROT


Par le Dr. Mélissa Badof


Par le Dr Jean-Jacques DEUTSCH


Par Jonathan POTIER